Dans plusieurs communes de la région Anôsy, la participation citoyenne et l’inclusion des femmes se révèlent essentielles pour une meilleure application du Dina.
À Ankaramena, avant l’intervention du Projet LANDJA, le Dina existait mais était peu appliqué. Les échanges entre les Komity Mpihavanana Dina (KMD) et la commune étaient rares, et la participation des femmes et des jeunes limitée. Grâce à des actions de sensibilisation variées: émissions radio, réunions communautaires et écoutes communautaires animées par des techniciens issus de la communauté , la compréhension du Dina s’est progressivement améliorée. Les jeux communautaires, particulièrement appréciés, ont permis d’aborder les règles du Dina et les droits des citoyens de manière ludique et interactive.
Les femmes se sont fortement distinguées : actives lors des sessions, plusieurs ont remporté des prix, et surtout, elles prennent désormais la parole dans les réunions publiques. Comme le témoigne Herline, citoyenne d’Ankaramena :
« J’ai appris aujourd’hui que nous, les femmes, avons le droit de poser des questions, de demander des comptes sur le Dina. Et à partir d’aujourd’hui, je vais utiliser mon droit. »
À Ianabinda, la dynamique se poursuit sous une autre forme. Le comité exécutif du Dina était jusqu’alors exclusivement masculin, laissant peu de place aux perspectives féminines. Pour la première fois, une femme a été élue au comité exécutif, apportant une voix inclusive et inspirant d’autres femmes à s’engager dans la vie communautaire. Sa présence contribue à enrichir les décisions, favoriser un dialogue équilibré et promouvoir une meilleure application du Dina dans la commune.
Comme elle le confie :
« Je veux montrer que nous avons notre place dans la gouvernance locale et que nos idées comptent. Cette élection n’est pas seulement pour moi, elle ouvre la voie à toutes les femmes de notre commune. »
Le président du KMD souligne également :
« Nous avons compris que les femmes ont un rôle essentiel à jouer dans le Dina. Leur participation renforce notre travail et la confiance de la communauté. »
Ces expériences montrent que la mobilisation des communautés et l’inclusion des femmes sont des leviers puissants pour renforcer la gouvernance locale et favoriser une appropriation plus complète et durable du Dina.
Carinah RANAIVOJAONINA – Le 15 septembre 2025
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