« Les communautés au cœur des solutions »

« Les communautés au cœur des solutions »

Désertification et sécheresse : du défi mondial aux réalités malgaches : « Les communautés au cœur des solutions ». Présentées au CRIC 23 de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (CNULCD) à Panama

Face à l’aggravation de la dégradation des terres, de la sécheresse et des effets du changement climatique, la communauté internationale multiplie les initiatives pour renforcer la résilience des territoires et des populations. La restauration des terres et la neutralité en matière de dégradation des terres (LDN) figurent aujourd’hui parmi les priorités mondiales, dans un contexte marqué par des défis persistants liés au financement, au renforcement des capacités et à l’implication effective des acteurs locaux.

C’est dans cette dynamique que MSIS TATAO, organisation de la société civile accréditée par la Convention Internationale sur la désertification  a pris part à la 23ᵉ session du Comité de Révision des Efforts (CRIC 23), organisée au Panama du 1er au 5 décembre 2025. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des préparatifs des futurs cadres stratégiques nationaux, notamment en matière de résilience face à la sécheresse.

Madagascar face à des défis structurels majeurs

Au-delà des échanges globaux, les discussions du CRIC 23 ont trouvé une résonance particulière pour des pays fortement exposés comme Madagascar, où la dégradation des terres et la sécheresse constituent des défis structurels majeurs. Dans le sud et le sud-ouest de l’île notamment, la récurrence des sécheresses, l’appauvrissement des sols et la pression croissante sur les ressources naturelles fragilisent les moyens de subsistance des communautés rurales et accentuent l’insécurité alimentaire.

Dans ce contexte, les recommandations débattues à Panama revêtent un enjeu stratégique direct pour le pays, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la mise en œuvre des cadres nationaux de résilience face à la sécheresse et l’atteinte des objectifs de neutralité en matière de dégradation des terres (LDN). Lors des échanges les participants ont souligné que les réponses techniques seules sont insuffisantes si elles ne tiennent pas compte des réalités sociales, économiques et culturelles propres aux territoires.

L’approche communautaire comme levier de résilience défendue par MSIS Tatao

MSIS TATAO a porté la voix des organisations de la société civile malgache durant l’ échange et a ainsi mis en avant l’importance d’une approche centrée sur les communautés locales, qui sont à la fois les premières affectées par la dégradation des terres et des actrices clés de leur restauration. À Madagascar, les femmes, les jeunes et les détenteurs de savoirs traditionnels jouent un rôle essentiel dans la gestion des ressources naturelles, la transmission des pratiques agricoles adaptées et la préservation des écosystèmes. Leur implication effective dans la conception, la mise en œuvre et le suivi des actions a été identifiée comme un facteur déterminant de réussite.

La valorisation des savoirs faire des communautés locales, une bonne pratique à consolider

Le renforcement des capacités locales a également été au cœur des discussions, en particulier pour permettre aux acteurs communautaires, aux collectivités territoriales et aux organisations locales de mieux accéder à l’information scientifique, aux mécanismes de financement climatique et aux outils de suivi de la dégradation des terres. Pour Madagascar, cet enjeu est crucial afin de transformer les engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain, adaptées aux spécificités agroécologiques et sociales du pays.

Par ailleurs, l’intégration des systèmes de connaissances autochtones et locales, tels que les pratiques traditionnelles de gestion des terres et de l’eau, a été largement défendue comme un levier de résilience durable. À Madagascar, ces savoirs constituent un patrimoine vivant qui, combiné aux données scientifiques modernes et aux approches économiques et sociales, peut contribuer à des solutions plus efficaces et acceptées par les communautés.

Le respect du consentement et cohésion sociale : un impératif

Enfin, les discussions ont insisté sur le respect du consentement libre, préalable et éclairé, notamment dans la mise en œuvre des projets de restauration des terres et d’adaptation à la sécheresse. Adaptez à la réalité locale, ce principe est essentiel afin de garantir que les interventions renforcent la cohésion sociale, préviennent les conflits liés à l’accès aux ressources et soutiennent un développement à la fois équitable, durable et résilient.

À l’issue de ces échanges, le CRIC 23 a confirmé que les réponses aux défis de la désertification et de la sécheresse doivent s’inscrire dans une vision intégrée, articulant politiques publiques, savoirs locaux et participation citoyenne, afin de bâtir des solutions durables au bénéfice des populations et des écosystèmes. À travers sa participation, MSIS TATAO entend contribuer activement aux réflexions internationales et renforcer son plaidoyer en faveur de politiques publiques inclusives, adaptées aux réalités locales et résolument axées sur la résilience face à la désertification et à la sécheresse. « La résilience face à la sécheresse ne peut être effective sans l’implication réelle des communautés locales. »

Carinah RANAIVOJAONINA 15 décembre 2025

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